Élections régionales
J'arrive un peu après la tempête. La tempête qui a soufflé sur les partis de droite les 21 et 28 mars : suite aux élections régionales,
seule l'Alsace reste dirigée par l'UMP, toutes les autres régions ont été emportées par la gauche. C'est un revirement étonnant, inattendu, et qui suscite chez moi quelques commentaires.
Suite au fameux 21 avril 2002, la classe politique s'était jurée de se renouveler, de voir la politique d'une façon différente, plus proche des gens, plus humaine. Pourtant, la gauche ne s'est pas spécialement fait remarquée ces deux dernières années en terme de projets innovants, de changements radicaux. On a certes entendu quelques "trublions" comme
Arnaud de Montebourg avec son
Nouveau Parti Socialiste apporter quelques idées, un peu de mouvement, un peu de différence et de changement, et ce que l'on soit d'accord ou pas avec M. de Montebourg. Le PS classique est resté fidèle à lui même, c'est toujours les mêmes ténors comme
Laurent Fabius qu'on entend à la télévision. Pas de renouvellement, pas de changement.
Et pourtant, la réussite de la gauche ne s'est pas faite à l'arrachée : dans la plupart des régions, les alliances de gauche disposaient d'environ 10% d'avance sur les autres partis. Et ce n'est pas le décalage des votes de droite vers l'extrême droite qui a permis à la gauche de se positionner, puisque le Front National enregistre sur le plan national un moins bon score qu'aux présidentielles de 2002. Bref, les gens ont réellement choisi de voter massivement à gauche.
Pourquoi ? Je ne suis pas un spécialiste de la politique, mais une chose est claire : M. Chirac a analysé les défaillances de la droite sur le plan social comme une des raisons possibles de leur échec à ces régionales. J'en veux pour preuve le
virage social imposé au gouvernement par le président de la République. Et effectivement, sur le plan social, le
nouveau gouvernement, un ministère de l'emploi, du travail et de la
cohésion sociale a été créé. D'accord, ce ne sont pas les réorganisations administratives qui feront évoluer les choses, mais cela montre bien que le volet social est un des volets les plus préoccupants pour le gouvernement.
En ce qui concerne le nouveau gouvernement, pas de réel changement. Le but est seulement de détendre l'atmosphère : on remplace un ministre de l'intérieur sécuritaire par un diplomate issu des Affaires Étrangères (M. De Villepin), on remplace le ministre de l'éducation, de la santé et de la culture, un grand classique. Une place de choix est tout de même réservée à M. Sarkozy : ne pouvant plus être à l'Intérieur, on lui propose l'Économie et les Finances. A ce propos, je trouve assez étrange qu'une même personne puisse être aussi compétente pour gérer deux ministères aux préoccupations si différentes.
Au dela de cette "victoire" de la gauche, ces élections me laissent une nouvelle fois un arrière gout amer. Cet arrière gout, je le ressens en écoutant les débats politiques à la télévision. Ils ne sont que batailles de chiffoniers, à base de phrases gratuites sans argument. Le truc classique : "Après x années de gouvernement de gauche, forcément on a du mal à relever la barre", ou alors "Après x années de gouvernement de droite, forcément on a du mal à relever la barre". Sans plus d'explications. Une petite pique personnelle à l'un, une petite allusion désagréable pour l'autre, et on appelle ça un débat. En plus, on a maintenant le droit à notre chère Marine Le Pen pour faire la grognasse de service à casser systématiquement tout le monde sans apporter d'arguments. Ces débats, ça me dégoute, et j'espère que les discussions au sein des partis vont au delà de ces chamailleries, parce que sinon, franchement, je ne sais pas bien où l'on va.
Et vous, qu'en pensez-vous ?
Edit: A propos du tremplin que sont les régionales pour la gauche, on pourra lire
l'entretien du Monde avec Ségolène Royal. Je ne l'ai pas lu, mais je pense que ça peut être intéressant.