Centralisation de la gestion des bugs
Il y a
quelques temps, en janvier, j'avais écrit un billet contenant quelques réflexions personnelles sur la gestion des bugs dans le monde du Logiciel Libre. En particulier, je trouvais dommage que la gestion des bugs pour un logiciel donné ne soit pas centralisée, mais répartie dans chaque distribution et au niveau du logiciel
upstream lui-même. Ainsi, lorsque je reporte un bug dans le système de Debian, le bug peut provenir soit du packaging, soit du logiciel lui-même. Si il vient du logiciel lui-même, alors le mainteneur du paquet doit lui-même reporter un nouveau bug auprès des développeurs du logiciel. Et il n'y a pas de suivi entre ces deux bugs, pas plus qu'il n'y a d'informations sur ce bug auprès des utilisateurs des autres distributions. Bref, un système de centralisation et de suivi me semblait intéressant.
Eh bien Mark Shuttleworth, le désormais célèbre fondateur de
Canonical, la société finançant
Ubuntu a eu la même idée que moi. Au sein de
LaunchPad, un ensemble de services pour le développement de Logiciels Libres, son entreprise a lancé
Malone, un
web-based global bug tracking tool. LWN m'apprend qu'il avait
déjà été question d'un tel outil en décembre 2004 à la
Ubuntu Conference, pendant le
LaunchPad? workshop. LWN disait alors :
Malone: Another piece of LaunchPad? is Malone, an extraordinary bug tracking tool. Malone is for developers, not for end users to fill with their bug reports. It will coordinate with other tools such as Bugzilla, tracking bugs both upstream and between distributions. A developer using Malone will be able to see if a bug has been fixed, and where it was fixed so that the fixes can be incorporated into their own distribution. Expect to hear more about Malone in early 2005.
Un article de
ZDNet Australie,
Ubuntu Linux backer tackles collaboration évoque également
LaunchPad? et Malone. Enfin, on peut également signaler l'existence de
Rosetta, un système de traduction des logiciels via le Web. Ainsi, chacun peut de manière très simple contribuer à la traduction de quelques phrases d'un logiciel.
On pourra critiquer le projet de Mark Shuttleworth, dire qu'il détourne des développeurs Debian ou Gnome de leurs préoccupations originelles, mais il n'en reste pas moins que les idées développées sont intéressantes, et que le résultat est très sympathique. De plus, j'ai été impressionné de la
quantité de patchs qu'Ubuntu appliquait sur les différents logiciels et qui était disponibles, prêts à être intégrés dans les paquets Debian ou dans les logiciels eux-mêmes. J'ai appris ça dans une
intéressante interview de Mark Shuttleworth, ici traduite en français.