Le Blog de Thomas

Logiciels libres, Linux embarqué, et autres ...

Rencontres Mondiales du Logiciel Libre 2006, compte-rendu


Vandoeuvre-les-Nancy
Vandoeuvre-les-Nancy

Les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre, c'est l'évènement annuel du monde du Logiciel Libre en France. Je m'y rends chaque année depuis 2001, c'est-à-dire depuis la deuxième édition de l'évènement. Face au succès de l'édition de l'année dernière (programme avec énormément de conférences, plus de 300, des soirées exceptionnelles aux Tanneries, et un public présent en nombre), le défi à relever par les organisateurs était important. Personnellement, le programme de cette année ne m'a que partiellement séduit, et c'est plus pour les personnes que l'on peut rencontrer que je me suis rendu à l'autre bout de la France, Nancy ou plus exactement Vandoeuvre-les-Nancy. Compte-rendu personnel et impressions de ces quelques jours en immersion dans le monde du Libre. Pas relu, donc un peu en vrac.

Mardi, après-midi


Le stand d'accueil des RMLLs
Le stand d'accueil des RMLLs

À partir de 14 heures, et pendant toute l'après-midi, un débat InterLUG était organisé. InterLUG est un regroupement des différents Groupes d'Utilisateurs de Logiciels Libres français voire francophones. Il permet aux GULLs d'échanger, via une liste de diffusion, leurs expériences, succès, échecs concernant leurs actions de promotion du Logiciel Libre. La perspective d'une discussion et d'un débat « en direct » me semblait donc très intéressante.

Malheureusement, le thème InterLUG a posé des gros problèmes d'organisation. Les responsables originels de ce thème ont laissé tomber, et d'autres ont du reprendre, et ont finalement laissé tomber, pour relaisser d'autres reprendre les choses en main. Bref, l'animateur du débat a été chargé du thème à peine le matin même.

Le débat, désorganisé, est parti dans tous les sens, et je n'ai pas l'impression d'en avoir retenu quelque chose de concret. J'ai tenté de recentrer le débat sur le partage d'expérience, mais il a dérivé de nouveau, et je suis donc parti après 1h30 de débat assez stérile à mon sens. Cependant, j'ai discuté le soir-même avec des personnes qui sont restées, et visiblement, le débat s'est ensuite tourné vers des points plus intéressants.

Vous trouverez un compte-rendu de cette réunion sur le site d'InterLUG.

Plus tard pendant les Rencontres Mondiales, j'ai discuté avec une personne qui avait proposé que des intervenants connaisseurs en communication viennent dans le thème InterLUG pour parler de la question de la communication pour les LUGs. Malheureusement, le thème n'ayant visiblement pas été géré, ces interventions n'ont pas eu lieu.

InterLUG
InterLUG

Comme je n'ai plus tellement d'idées pour le thème OS, mais que je vois plusieurs choses à faire pour InterLUG, je me demande si je ne vais pas me proposer pour ce thème l'an prochain. D'autres personnes de Gulliver ou d'Euskalug auront certainement des idées aussi, et nous pourrons peut-être proposer un thème plus constructif. Et ainsi profiter de cet événement national où beaucoup de personnes actives dans les LUGs sont présentes pour partager nos expériences et les mutualiser.

Mardi, soirée


Le soir, dîner dans un restaurant nancéien avec quelques amis de Gulliver, ainsi qu'avec Renaud Lottiaux, qui proposait avec moi l'atelier « Petit voyage au coeur d'un système d'exploitation ». Nous avions préparé chacun de notre coté diverses parties de la présentation, mais il restait à les mettre ensemble et à peaufiner le déroulement de notre atelier. Un dîner bien chargé, donc.

Mercredi matin


Le mercredi matin, rien de particulier n'a attiré mon attention dans le programme. Je me suis donc laissé tenter par un thème que je connaissais pas du tout, afin de découvrir quelque chose: les systèmes d'information géographique. La matinée commence par une petite introduction, pas vraiment compréhensible pour le prophane. Peut-être que les slides, avec un peu de recherches supplémentaires, permettront de mieux comprendre.

Le stand Wikipédia sur le village
Le stand Wikipédia sur le village

Ensuite, un responsable de la société Autodesk a présenté un de leurs logiciels, MapGuide, distribué sous licence libre, contrairement à quasiment tous les autres logiciels de la société Autodesk (connue pour éditer AutoCAD notamment). En réalité, ce produit dépendant pas mal de MapGuide? Studio, qui lui est tout à fait propriétaire. Ça et la démonstration sous Microsoft Windows, on avait l'impression d'être à Solutions Linux. Ceci étant dit, la démonstration a permis de mieux comprendre ce qu'était un système d'information géographique. Le logiciel permet de gérer des jeux de données (limites de communes, cours d'eau, rues, etc.), d'afficher des cartes utilisant différents jeux de données sous forme d'une interface Web navigable, d'associer des méta-données aux divers éléments d'une carte, etc. Bref, cela permet de développer des applications géographiques, par exemple pour gérer des parcelles de terrain ou autre. Là aussi les slides sont disponibles.

Je n'ai pas assisté à la présentation GéoNetwork, mais ai poursuivi par la présentation du Ministère de l'Agriculture (dont les slides sont disponibles). Michel Wurtz a présenté les besoins du ministère de l'Agriculture en matière de système d'information géographique, et a exposé l'architecture de leur système et en quels points ils utilisent du Logiciel Libre.

Ce même matin avait lieu des conférences du thème Entreprise, qui d'après les échos que j'ai pu avoir, étaient intéressantes. Malheureusement, les slides ne sont pas encore en ligne. Sinon, toujours ce matin-là, mon frère donnait une présentation intitulée Introduction aux jeux vidéo libres. D'ailleurs, il donne ses impressions sur ces RMLLs et cette présentation dans un billet.

Mercredi après-midi


Le mercredi après-midi avait lieu la première partie de l'atelier que Renaud Lottiaux et moi animions sur le thème « Petit voyage au coeur d'un système d'exploitation ». L'idée de l'atelier, exposée ici, est de permettre au public de découvrir en deux demi-journées les grands mécanismes qui régissent le fonctionnement d'un OS de type Linux, au niveau de la gestion mémoire, de la gestion des processus et des systèmes de fichiers.

L'atelier OS
L'atelier OS

Cette année, cet atelier était la seule intervention du thème OS. Renaud et moi-même avons été contacté très tard (fin mars) pour organiser ce thème. Une date trop tardive pour espérer pouvoir réunir des intervenants étrangers en nombre. De plus, les conférences de l'année précédente étaient très techniques, et difficilement accessibles pour le public des Rencontres Mondiales. Nous avons donc préféré ne proposer qu'un seul atelier, mais qui corresponde plus au public de l'évènement.

Durant ce mercredi après-midi, nous avons en 3 heures et quelque réalisé une petite introduction sur le rôle d'un OS, mais surtout abordé tout ce qui concerne la gestion de la mémoire. Pagination, mémoire virtuelle, demand-paging, copy-on-write, fork(), exec(), etc. Le public, composé d'environ 30 personnes, était intéressé et attentif, et a semblé accrocher à la présentation. En plus des slides, nous avons fait quelques démonstrations à l'aide de petits programmes montrant le rôle de mmap(), fork() et autres.

Les slides ne sont pas encore en ligne, car il faut que je les rassemble. Dès qu'ils seront en ligne, je les posterai ici. De plus, la présentation a été filmée par Michael Opdenacker et elle devrait donc être prochainement en ligne.

Mercredi, soirée


La salle de la mairie
La salle de la mairie

Pour commencer la soirée, direction la Mairie de Nancy pour un petit discours de l'adjoint au Maire, et un pot de l'amitié dans une salle magnifique. Le pot est léger, mais sympathique, et surtout les balcons offraient une vue exceptionnelle sur la superbe place principale de Nancy, la Place Stanislas. Rénovée depuis l'an dernier, on a peine à imaginer qu'il y a quelques années encore les voitures encombraient et polluaient cette superbe place. Désormais redonnée aux piétons, elle est vraiment éblouissante.





La Place Stanislas
La Place Stanislas

Ensuite, visite guidée de la ville. C'est vraiment une excellente idée que l'organisation des Rencontres Mondiales propose une visite guidée, cela permet de découvrir le lieu où l'on va pour une semaine et permet de voir autre chose que le Logiciel Libre. En une petite heure, notre petit groupe fait le tour des quelques rues jouxtant la Place Stanislas, avec les explications fort intéressantes de la guide sur l'histoire du coin.





Jeudi matin


L'atelier OS, Renaud Lottiaux
L'atelier OS, Renaud Lottiaux

Dès 9 heures, suite de notre atelier sur les systèmes d'exploitation. En environ 3 heures, nous balayons la gestion des processus (changement de contexte, ordonnancement, synchronisation) et les périphériques (accès au matériel, périphérique caractère, périphérique bloc, système de fichiers Ext2, VFS), et nous terminons, quasiment comme prévu vers 12h30 – 13h. Là aussi, tout a été filmé et devrait être prochainement disponible.





Jeudi après-midi


Conférences


J'ai commencé l'après-midi par la conférence Logiciel libre, pratiques collaboratives et milieu communautaire québécois. Le conférencier parlait français, mais avec un très fort accent québecois, parfois difficile à saisir. Il fait partie d'un laboratoire de recherche et travaille sur la place du Logiciel Libre dans le monde associatif québecois. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je n'ai pas retenu grand chose de cette présentation. Vous en apprendrez sans doute plus sur le site de FACIL, une association « pour l'appropriation collective de l'informatique libre ».

Un amphi, très plein, pour la table ronde politique
Un amphi, très plein, pour la table ronde politique

Ensuite a eu lieu une conférence Women in Free Software - Findings from the FLOSSPOLS report on gender 2006, animée par Anne Ostergaard. FLOSSPOLS est un projet de recherche européen qui travaille autour du Logiciel Libre selon trois axes: politiques gouvernementales vis-à-vis des Logiciels Libres, parité dans le monde du Logiciel Libre et l'efficacité de l'open source en tant que système collaboratif de résolution de problèmes. Cette conférence présentait brièvement les résultats d'une partie de cette étude, le délivrable D16. La question de la place des femmes dans le monde du Logiciel Libre est évidemment importante, et effectivement, le fait que seulement 1.5% des contributeurs de Logiciels Libres soient des femmes est préoccupant. Les femmes comptent pour la moitié de la population. Le Logiciel Libre défendant des valeurs humanistes et de valeurs de proximité avec les hommes et les femmes, le fait que si peu de femmes participent est embêtant.

Néanmoins, j'ai souvent l'impression que les recommandations qui sont faites reposent sur des stéréotypes assez rapides, ou alors sur de la discrimination positive pas très heureuse. Par exemple, le fait que des gens répondent assez fermement « RTFM » sur des listes de diffusion serait un frein à l'intégration des femmes dans le monde du Libre. Bien que ce renvoi vers le manuel soit parfois un peu brutal, il me semble qu'il l'est de manière identique pour les hommes et pour les femmes qui le recoivent. Autre exemple : parce que l'étude dit qu'on trouve 28% de femmes dans l'informatique en général et qu'il n'y en a que 1.5% dans le monde du Logiciel Libre, c'est que forcément, il y a un problème avec le monde du Libre. Le raccourci me semble un peu rapide. Il me semble en effet qu'il y a une différence importante entre exercer une activité professionnelle rémunérée sur un sujet technique, et avoir l'envie, la motivation et le temps de faire plus ou moins la même chose bénévolément sur son temps libre. Cela ne veut évidemment pas dire qu'il n'y a pas de problèmes à s'intégrer et à participer au monde du Libre, mais trouver dans ces problèmes toutes les raisons de la grosse différence 28% - 1.5% est un peu rapide. La présentation d'Anne Ostergaard mentionnait la possibilité d'organiser des « prix » d'intégration dans un projet Logiciel Libre pour les femmes. Ce genre de discrimination positive me paraît peu constructive : alors qu'on essaie de gommer les différences entre hommes et femmes, on vient l'exacerber en descernant des prix aux uns et pas aux autres. Un projet de ce type est néanmoins déjà en cours avec le Gnome Women's Summer Outreach Program 2006.

Suite à la présentation, un débat intéressant s'est ouvert avec la salle. Néanmoins, je n'ai pas eu le sentiment qu'il débouchait sur quelque chose de concret, qu'on puisse appliquer.

Ceux que le sujet intéressent pourront également consulter la présentation « La présence des femmes dans la communauté du Libre » qu'Aurélie Chaumat a donné lors de la Journée Méditerranéenne du Logiciel Libre 2006. Vous pouvez également voir la vidéo avec les slides synchronisés ou la vidéo seule.

Table ronde politique


Table ronde politique
Table ronde politique

En fin d'après-midi avait lieu la table ronde politique, avec François Bayrou (UDF), Martine Billard (Verts), Richard Cazenave (UMP) et Michel Rocard (PS) du coté des politiques, Christophe Espern du coté de l'initiative EUCD.info, et François Pellegrini pour l'animation. Cette table ronde fût l'occasion d'interroger de connaître les positions des responsables politiques sur la loi DADVSI, mais aussi sur l'état de la bataille contre les brevets logiciels au niveau européen, bataille dans laquelle Michel Rocard semble très impliqué. À propos de DADVSI, il n'y avait pas vraiment de débat contradictoire, puisque tous ont dénoncé les problèmes de cette loi, et notamment l'absence de garantie en ce qui concerne l'interopérabilité, en particulier au niveau des Logiciels Libres. Michel Rocard n'avait pas suivi le dossier de près, et avait donc une position plus « de principe » sur le sujet, à propos de la nécessité d'accéder à la culture, du besoin d'ouverture, etc. Les autres, Billard, Cazenave et Bayrou, très actifs lors des discussions du projet de loi, semblaient bien connaître les problématiques et bien comprendre les problèmes posés par la loi en ce qui concerne les Logiciels Libres. Quelle que soit la décision du Conseil Constitutionnel concernant la loi DADVSI, François Bayrou a recommandé de poursuivre la mobilisation. Il propose notamment de saisir si nécessaire l'Autorité de régulation des mesures techniques créée par cette loi, afin de maintenir la pression et de montrer que l'interopérabilité proposée par la loi ne fonctionne pas en pratique.

Table ronde politique
Table ronde politique

Une question de la salle a porté sur la vente liée, mais personne n'a su vraiment donner de réponse claire. Richard Cazenave s'est embrouillé : il a cru qu'il était question d'autre chose, et quand il a compris qu'il s'agissait de vente liée, il s'est échappé avec une phrase typique de la langue de bois du genre « Nous y travaillons ». Martine Billard a précisé qu'il était possible d'acheter des ordinateurs « en kit », sans Windows, mais cela ne solutionne pas le problème de la vente liée avec les ordinateurs portables.

Finalement, le nombre des intervenants et la durée de leurs interventions a fait que relativement peu de sujets ont été abordés, et que peu de questions de la salle ont pu être traitées.

Suite à cette table ronde, un petit verre était offert sur le lieu des Rencontres Mondiales. Puis nous nous sommes dirigés vers la salle des fêtes de Vandoeuvre-les-Nancy pour le « Repas du Libre », qui a lieu tous les ans le jeudi. Et comme tous les ans, le même constat : un repas cher (18 Euros) pour un buffet de qualité très médiocre, en quantité largement insuffisante, et dont le passage à l'échelle pour le service de 500 personnes n'a pas été étudié. La veille, dans un petit restaurant, nous avons dîné Entrée, Plat et Déssert, de très bonne qualité pour seulement 14 Euros. Et je ne pense pas que c'est la modeste bouteille de vin présente au repas du Libre qui justifie un tel tarif. Je viens chaque année à ce Repas du Libre, car tout le monde y va, et que cela permet de passer une soirée avec des gens qu'on ne voit pas forcément au cours de l'année. Et chaque année, c'est le même constat, malheureusement.

Vendredi matin


Le vendredi, pendant toute la journée avait lieu le « workshop » du projet EDOS. Il s'agit d'un projet européen visant à étudier le mode de diffusion des Logiciels Libres au travers des distributions, et de proposer des améliorations à la fois logicielles et de process pour ces distributions. Ce projet est porté par diverses entreprises, universités et centre de recherche, dont l'INRIA, Mandriva, l'Université de Paris VII, l'Université de Genève, etc.

L'entrée des RMLLs
L'entrée des RMLLs

Après une brève introduction réalisée par le coordinateur du projet, Stéphane Laurière, de chez Mandriva, la première présentation portait sur la gestion formelle des dépendances entre paquets. L'un des rôles majeurs d'une distribution GNU/Linux est d'offrir un système de paquets résolvant automagiquement les dépendances entre logiciels. Une petite équipe, autour du fameux Roberto di Cosmo, a mené une réflexion sur la façon d'exprimer les dépendances de manière formelle. Une fois cette réflexion menée, ils ont pu ramener le problème de résolution de dépendances à un problème de type SAT, dont Wikipédia nous dit qu'il s'agit d'un problème NP-complet. Il existe néanmoins plusieurs solveurs pour ce problème. Ils ont donc pu écrire un outil, debcheck pour Debian et rpmcheck pour Mandriva. Cet outil permet de vérifier si tous les paquets d'une distribution sont installables, c'est-à-dire si toutes les dépendances nécessaires existent et sont disponibles. Leur outil permet de vérifier en environ une minute l'intégralité des paquets d'une distribution Debian, ce qui est très rapide. En effet, la complexité des problèmes SAT (mesurée par un indicateur appelé « temperature ») engendrés par les arbres de dépendances des paquets est en réalité assez faible, bien en dessous de la température à partir de laquelle la complexité devient trop importante.

Leur outil est maintenant lancé chaque jour, et un site Web permet de suivre l'évolution de l'installabilité ou l'ininstallabilité des paquets. Un outil fort pratique pour les développeurs Debian. D'ailleurs, Andreas Barth, responsable de la prochaine release de Debian, Etch, ainsi qu'Enrico Zini, un développeur Debian étaient présents, et semblaient très intéressés par cet outil.

Un petit compte-rendu de cette conférence est accessible ici.

La seconde conférence était intitulée Continuous testing of Linux distributions upgrade et était réalisée par Stéphane Fermigier et Laurent Godard, de Nuxéo, une entreprise française. Ils ont présenté une plateforme, appelée Tulip (Testing Upgrades of Linux Images Program), qui permet de tester la mise à jour de paquets dans des distributions Linux. Tulip repose sur des images Qemu, qui permettent de tester la mise à jour dans divers environnements. Par exemple, pour un test journalier, ils conservent à tout moment 6 images Qemu, afin de pouvoir tester la mise à jour depuis le jour N-6 jusqu'à aujourd'hui, du jour N-5 jusqu'à aujourd'hui, etc. Ils vérifient ensuite que la mise à jour s'est bien passée, par exemple en vérifiant que « ldd » trouve bien toutes les bibliothèques partagées nécessaires, ou bien grâce à des tests spécifiques. L'ensemble est évidemment scripté et relié à une base de données, et fonctionne déjà pour Debian et Mandriva. Il n'y a rien de particulièrement innovant dans cet exposé, mais la mise en place d'une telle plateforme est long et difficile. Bricoler quelque chose y ressemblant est simple, mais faire une plateforme réellement fonctionnelle qui ne casse pas tous les trois jours n'est à mon avis pas trivial. Ce travail m'a donc semblé être très intéressant. Cependant, cette approche pose à mon avis un problème de scalabilité : comment tester la mise à jour de tous les paquets, dans toutes les distributions, dans toutes les configurations de mises à jour ? De l'avis de Stéphane Fermigier, avec qui j'ai brièvement discuté de ce point, c'est effectivement problématique, il n'y a pas vraiment de solution.

La conférence suivante traitait du problème de la diffusion des paquets des distributions. En gros, comment diffuser une grosse quantité de données à un grand nombre de personnes de manière efficace. Autant les problèmes de dépendances et de mises à jour dont il a été question dans les deux précédentes conférences m'ont paru très pertinents, autant le problème de diffusion me semble plus insignifiant. En effet, aujourd'hui, les paquets des distributions sont diffusés grâce à un réseau de mirroirs souvent assez touffu, et ce réseau ne semble pas poser de problèmes d'engorgements. La conférence exposait donc un mécanisme de distribution de données de type pair-à-pair (évidemment), utilisant des choses comme du Java, de l'Active XML et des XML-RPC, bref des choses qui m'ont semblées bien complexes. Il a également été question des problèmes de sécurité et de confiance. Je n'ai pas assisté à toute la conférence, et celle-ci ne m'a à vrai dire pas vraiment passionné.

Vendredi après-midi


La conférence suivante, par Stéphane Laurière, était intitulée Measuring the pulse of OSS production - EDOS measurement framework. Le titre me paraissait très alléchant, car je suis très intéressé par le fonctionnement global du mode de développement des Logiciels Libres. L'orateur a tout d'abord présenté d'autres projets de mesure de la « qualité » de Logiciels Libres: Open Business Readiness Rating et OSMM (Open-source maturity model). Ce sont surtout des grilles de lectures à destination de décideurs qui doivent choisir des Logiciels Libres, et doivent donc prendre en compte des paramètres pragmatiques comme la pérennité, la qualité des développements, la solidité du projet, etc. Le reste de la conférence était surtout un listing des indicateurs que l'on pourrait utiliser pour mesurer le rythme et la qualité de la production des Logiciels Libres. Cette étape du projet européen semble donc en phase de spécification, et n'est pas (encore) implémentée.

La dernière conférence était intitulée EDOS PMI - A model of OSS artefacts and processes. C'est bien simple, je n'ai pas compris cette conférence. L'orateur a exposé une API Java qui permet visiblement de décrire les tâches, les personnes, les relations entre les personnes et bien d'autres choses dans un projet Logiciel Libre. Et après, je ne sais pas à quoi ça sert. D'après le résumé de la présentation: « The goal of EDOS Project Management Interface (PMI) is to define the key content and community artifacts of the F/OSS process and to formalize the relations between these. This precision allows inefficiencies in F/OSS processes to be detected and eliminated. ».

Globalement, je trouve ce projet EDOS plutôt intéressant. Du temps et des moyens ont été alloués pour permettre à des gens de réfléchir sur le mode de développement des Logiciels Libres et de proposer des améliorations à ce mode de développement. Et cela me semble être une excellente idée. Vous trouverez plus d'informations à propos de ce projet sur le site http://www.edos-project.org.

La journée du vendredi s'est terminée gentiment dans une petite pizzeria du centre de Nancy.

Samedi matin


Le samedi matin, j'ai assisté aux conférences du thème Standards Ouverts et Interopérabilité.

La première conférence était intitulée Le livre numérique et les formats. Après avoir présenté le numérique comme une nouvelle révolution pour le livre, l'orateur a évoqué quelques-uns des enjeux du livre numérique. En particulier, la possibilité d'accéder à un plus grand nombre d'ouvrages, aujourd'hui quasiment inaccessibles car plus commercialisés. Il a donné des chiffres (que je n'ai pas noté, malheureusement) qui montraient de manière claire qu'une énorme partie des livres qui ne sont pas encore dans le domaine public ne sont plus commercialisés. Ils font partie d'une sorte de « masse noire » de la culture, dans le sens où ils existent, mais ne peuvent pas être consultés, sauf peut-être dans quelques bibliothèques. Les projets de numérisation à grande échelle comme ceux de Google ou ceux de la Bibliothèque Européenne ont été évoqués, mais l'orateur semblait surtout promouvoir le projet Gutenberg. D'après le site, « Le projet Guntenberg est un projet bénévole de numérisation, d'archivage et de distribution d'ouvrages culturels » (traduction rapide).

La seconde conférence, P2P et les standards ouverts était surtout une présentation assez générale accessible de l'état de l'art en matière de réseaux P2P. L'orateur a présenté les différents réseaux P2P, leur histoire, leur architecture, les raisons de leurs succès ou échecs, etc. Un accent était évidemment mis sur la question de l'ouverture des protocoles. En effet, la plupart des réseaux P2P reposent sur des protocoles fermés, qui sont mis au point par des entreprises et qui évoluent de manière fermée. Il a notamment cité le réseau Gnutella qui reposent sur des protocoles ouverts qui évoluent grâce à la communauté (voir Gnutella Protocol Development Wiki). L'orateur, Fabrice Le Fessan, est un des auteurs du Logiciel Libre de P2P MLDonkey. Il développe également actuellement un logiciel de sauvegarde distribuée (sur le modèle du P2P) et chiffrée, nommé Palabre. Il est développé en Objective Caml, tout comme MLDonkey. Ce qui m'a évidemment fait penser au projet Diseba de David Mentré (voir ici, ici et ici.

Ensuite, une présentation par Pierre Jarillon des activités du Groupe de Travail Interopérabilité de l'AFUL. Pierre a rappelé l'intérêt de l'interopérabilité, et a détaillé les actions du groupe de travail concerné par ce sujet. Il a notamment évoqué le Référentiel Général d'Interopérabilité, mais également les actions du groupe de travail en ce qui concerne les sites Web non respectueux des standards.

Enfin, Tristan Nitot était là pour sa traditionnelle présentation de Firefox et du Web. Elle était intitulée Les standards ouverts d'Internet, mais il s'agissait bien de la traditionnelle conférence de présentation de Firefox.

Samedi après-midi


Cette année, les organisateurs n'avaient pas prévu que des gens pouvaient venir de loin pour les RMLLs. Il n'était donc pas possible d'avoir une chambre de cité U pour loger le samedi soir, et donc il fallait partir le samedi après-midi. Heureusement, il n'y avait rien ce samedi après-midi, à part la traditionnelle plénière de cloture. Retour en train vers Paris donc, avec notamment des discussions intéressantes concernant les statuts de la future association Toulibre.

Impressions générales


Au niveau des trucs biens :

Par contre :

D'autres en parlent


Il y a 2 commentaires sur cette page. [Afficher commentaires/formulaire]