\documentclass[12pt, a4paper, oneside, openany]{article}
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\title{Exposé EC02}
\author{Laura Nordmann -- Thomas Petazzoni}

\begin{document}
\maketitle

\section*{Introduction}

La politique de change désigne l'ensemble des actions des pouvoirs
publics visant à maintenir ou à modifier le taux de change de la
monnaie nationale selon les objectifs recherchés. 

De 1944 à 1973 : Système monétaire international (accords de Bretton
Woods), système de change fixe utilisant le dollar comme monnaie de
référence. 

De 1973 à 1979 : Serpent Monétaire Européen, système de change
flottant. 

De 1979 à l'euro : Système monétaire européen utilisant l'écu comme
monnaie de référence. L'écu est une monnaie panier dont la valeur est
une moyenne de la valeur de chacune des monnaies qui le composent.

Il existe deux façons de concevoir la politique de change : la
dévaluation, appliquée avant 1986 et l'intervation sur le marché des
changes appliqué après 1986 en France.

\section{Avant 1986}

Depuis 1979, le Système monétaire européen se charge de stabiliser les
monnaies européennes les unes par rapport aux autres autour de
l'écu. L'écu permettait de définir les taux pivots (valeurs de
référence) pour chaque monnaie. Les banques centrales intervenaient de
façon concertée pour défendre ces parités.

Avant la seconde guerre mondiale, la pratique des dévaluations
compétitives était relativement fréquente.

\subsection{Principe de la dévaluation compétitive}

Dans un système à parité fixe, la dévaluation est une décision des
autorités monétaires qui diminue la valeur de la monnaie nationale
exprimée en monnaie étrangère (dans le cas de la France, par rapport à
l'écu). Il faudra donc fournir d'avantage de monnaie nationale pour
obtenir la même quantité de monnaie étrangère. 

Les années 70 sont caractérisées par des politiques budgétaires et
monétaires expansionnistes pour tenter de remédier à la crise qui
frappe les économies développées depuis le premier choc pétrolier. Ces
tentatives sont vouées à l'échec et ceci se caractérise par le
ralentissement, l'inflation et le chomage. Cet échec conduit nombre de
gouvernements en priorité contre l'inflation et non plus contre le
chomage. Cependant, en 1981, avec l'arrivée de la gauche au pouvoir en
France, la priorité est à nouveau la lutte contre le chomage. Ces
mesures sont prises dans un contexte de récession mondiale. La France
accuse alors un décalage conjoncturel par rapport à ses principaux
partenaires commerciaux et le degré d'ouverture de l'économie
française n'autorise plus les politiques économiques prises
isolement. La crise s'aggrave, l'inflation s'accélère, le chomage
n'est pas résorbé, tandis que les déficits extérieur et public
s'accroissent. La dépréciation du franc oblige à plusieurs
dévaluations. 

\subsection{Interets}

La dévaluation diminue le prix des biens exportés, qui gagnent donc en
compétitivité prix. Symétriquement elle renchérit le prix des biens
importés. Elle agit donc sur l'équilibre de la balance commerciale
(plus d'exportations, moins d'importations) et sur l'inflation
(diminution).

% Schema pour expliquer le pourquoi du comment dévaluer influe sur les
% exportations et les importations.

Une inflation nettement plus forte qu'en Allemagne réduisait la
compétitivité des produits français et conduisait à dévaluer le franc
régulièrement pour corriger le différentiel d'inflation et tenter de
résorber le déficit extérieur. Ceci était accompagné de réévaluation
du mark, et ainsi un mark valait 1,60 Frs en 1972, 2,30 Frs en 1979 et
3,35 Frs en 1987.

\subsection{Limites}

Mais, lorsqu'un pays cherche à limiter ses importations et à stimuler
ses exportations par ce moyen, il incite ses partenaires commerciaux à
en faire autant. Si toutes les monnaies sont dévaluées, finalement,
aucune ne se trouve réellement dévaluée par rapport aux autres. La
dévaluation est alors insuffisante pour obtenir un avantage compétitif
durable et les pays engagés dans cette logique de guerre commerciale
ont recours au protectionnisme. Il s'ensuit un recul mondial de la
demande globale, dont les effets peuvent être dramatiques pour
l'activité et l'emploi dans tous les pays. La grande dépression des
années 30 a suffisamment illustré ces effets pervers.

Aussi, depuis 1944, les pays adhérents au système monétaire
international, puis au serpent monétaire européen, puis au système
monétaire européen ont renoncé à l'usage de dévaluations
compétitives prises sans concertation avec les partenaires
commerciaux. 

Dans un régime de parité fixe, la dévaluation n'est en théorie
autorisée que pour corriger un déficit de la balance des paiements et
quand la banque centrale n'est plus en mesure de défendre la valeur de
sa monnaie. Certes, un pays peut laisser l'inflation s'accélérer et
quand le déséquilibre est trop grand, dévaluer sa monnaie. Mais la
dévaluation donnant un avantage compétitif aux pays qui la pratique,
elle peut être vue comme un acte d'aggression commerciale qui remet en
cause le contrat sur lequel repose le système de parité fixe. Le pays
qui dévalue doit donc s'engager à mener une politique de freinage de
sa demande intérieure et de son inflation.

% Transition qui tue ;)
Prenant acte du fait que l'interdépendance des économies ne rend plus
possible des démarches autonomes de politique économique, la France va
alors se rallier à l'opinion dominante au niveau international et
lutter prioritairement contre l'inflation.

Au cours des années 80, la marche vers l'Union économique et monétaire
va renforcer le choix de politique économique du franc fort. En effet,
pour adopter la monnaie unique à la fin du siècle, il faut avoir une
inflation faible, des taux d'intérêt stable à long terme, un déficit
et une dette publique inférieurs à des seuils définis, tout en ayant
un taux de change stable. La France, en tant qu'ardent défenseur de la
monnaie unique, se doit de se conformer aux objectifs définis par le
traite de Maastricht.

\section{Après 1986 : la politique du franc fort}

\subsection{Principe de la politique du franc fort}

La politique du franc fort avait pour objectif de stabiliser le taux
de change en essayant de créer une monnaie forte qui lutterait
durablement contre l'inflation. La politique monétaire devra contrôler
l'évolution quantitative de la masse monétaire et la stabilité du
cours du franc par rapport au mark. On choisit l'ancrage sur le mark
car l'économie allemande est la première puissance européenne et notre
premier partenaire commercial. Elle bénéficie d'une forte confiance
sur les marchés internationaux grâce à son taux faible d'inflation et
à ses taux d'intérêts parmi les plus bas, puisqu'ils ne comportent pas
de primes de risque. L'ancrage sur le mark est un moyen d'importer les
faibles d'infolation et de taux d'intérets allemands ce qui doit
permettre d'accroître la crédibilité de la politique économique
française face aux marchés internationaux en réduisant les
anticapations inflationnistes. 

Un premier moyen d'influer sur le taux de change serait d'utiliser les
réserves de change de la Banque centrale en les échangeant soit contre
la monnaie nationale, soit contre des devises. Mais cette méthode
contraint à avoir des réserves de change importantes en monnaie
nationale lorsque la banque centrale doit soutenir le cours de sa
monnaie. De plus, en mettant en circulation une masse monétaire de sa
propre monnaie, elle risque d'alimenter l'inflation.

Pour ces différentes raisons, cette méthode ne sera pas utilisée, on
préferera utiliser le contrôle quantitatif du crédit jusqu'en 1987,
puis à partir de 1988 l'instrument de la politique monétaire sera le
taux d'intérêt en particulier les taux courts définis par la Banque de
France. Les taux d'intérêts apparaissent comme le moyen le plus sûr
pour défendre le taux de change d'une monnaie dans un monde où la
mobilité des capitaux s'accroît.

Une banque centrale peut donc lutter contre une forte dépréciation de
sa monnaie en augmentant ses taux d'intérêt, car cette augmentation
stimule l'entrée de capitaux étrangers et ainsi la demande pour la
monnaie nationale, ce qui fait remonter le taux de change. C'est donc
un instrument pour compenser la dépréciation qui permet de stabiliser
le taux de change tout en économisant des réserves de change.

Mais ces mesures, destinées à attirer les capitaux n'ont d'effet que
si la banque centrale étrangère n'augmente pas à son tour ses taux
d'intérêt pour retenir les capitaux dans son pays. Cette stratégie
n'est donc valable que dans le cadre d'une coopération entre banques
centrales.


\subsection{Interets}

Le principal intérêt de la politique du franc fort par rapport à celle
des dévaluations compétitives est d'essayer de créer une monnaie
forte, susceptible d'attirer les investisseurs étrangers. En effet,
ceux-ci auront plutôt tendance à faire confiance à une monnaie forte,
ancrée sur une autre monnaie commercialement crédible, qu'à une
monnaie sans cesse dévaluée pour contrer l'inflation. L'objectif est
donc de renouer avec la confiance des investisseurs étrangers.

Par ailleurs, la stabilisation du taux de change doit permettre
de restaurer la compétitivité des entreprises françaises sur le marché
national et sur les marchés étrangers afin d'enrayer la spirale qui
allait du développement de l'inflation à la dépréciation de la
monnaie. 

Le franc fort est aussi un objectif, car le seul moyen d'avoir une
monnaie forte est d'avoir des positions commerciales solides. Dès
lors, le franc tient sa force des conditions du marché et n'a plus
besoin d'être soutenu par des taux d'intérêt élevés, ce qui permet
d'envisager une baisse de ceux-ci. De plus, la baisse des taux
d'intérêt stimule l'investissement. Ainsi, une compétitivité renforcée
sur les marchés extérieurs et nationaux assurera la croissance,
favorisera les créations d'emploi et garantira le pouvoir d'achat en
France. La politique du franc fort n'est donc pas en théorie un cercle
vicieux, comme pouvait l'être celui des dévaluations compétitives.

Les résultats de la politique du franc fort en matière d'inflation
sont incontestables. Celle-ci passe des taux supérieurs à 10\% du
milieu des années 70 jusqu'au début des années 80, à des taux faibles
avoisinant les 2\% en 1995. Le différentiel d'inflation avec
l'Allemagne s'est considérablement réduit depuis le début des années
80, le taux d'inflation allemand étant même supérieur à celui de la
France de 1991 à 1995. 

La politique de désinflation compétitive couplée au moins jusqu'en
1990 à une stricte maîtrise des dépenses publiques a permi un maintien
de la parité du franc vis à vis du mark et des autres monnaies du SME
et elle a indéniablement amélioré la compétitivité des entreprises.

Le différentiel de taux d'intérêts entre la France et l'Allemagne se
réduit dès la fin des années 1980 tandis que les taux d'intérêts à
court terme baissent des 1992, ce qui prouve que la politique du franc
fort (hausse des taux d'intérêt) n'est pas un cercle vicieux.

\subsection{Limites}

Cependant ces évolutions favorables ne satisfont pas les marchés, la
politique française manque encore de crédibilité aux yeux des
opérateurs internationaux. 

En effet, le gouvernement peut être conduit à mener une politique
beaucoup plus restrictive qu'il ne serait objectivement nécessaire
pour atteindre les objectifs fixés. Quand éventuellement, le
gouvernement a atteint ces objectifs de faible inflation et
d'équilibre extérieur, il reste néanmoins soumis a la contrainte de
crédibilité. Il devra tenir coute que coute une politique monétaire
rigoureuse sur une longue période pour reconstituer son capital de
crébilité et démontrer ainsi que la conversion du pays à la stabilité
monétaire n'est pas purement temporaire. Ainsi au début des années
1990 (90-92), la plupart des observateurs considéraient que la France
disposait d'une certaine marge de manoeuvre pour abaisser ses taux
d'intérêt : une inflation des plus faibles dans le monde
industrialisé, et plus faible qu'en Allemagne, des comptes extérieurs
équilibrés et même un excédent commercial important en 1992. Pourtant,
le franc subissait encore de temps à autre des vagues de spéculation
cherchant à provoquer une dévaluation. C'est dire qu'après 10 ans de
politique de rigueur, les marchés financiers n'étaient pas encore tout
à fait convaincus de la solidité du franc et de la détermination du
gouvernement à garder coute que coute le cap de la stabilité
monétaire. Dans ce contexte, en dépit des marges de manoeuvre
objectives, de la montée inquiétante du chomage et de la proximité des
élections (mars 1993), le gouvernement ne pouvait provoquer aucune
baisse des taux sans que la Bundesbank ait au préalable abaissé ses
taux d'intérêt. Toute tentative de baisse unilatérale des taux
d'intérêt aurait montré aux marchés financiers que le gouvernement
français pouvait lâcher l'objectif de stabilité monétaire au profit de
celui de l'emploi et justifier de nouvelles attaques spéculatives
contre le franc. Il fallu donc réaugmenter les taux d'intérêts pour
éviter les taux d'intérêt pour éviter la dévaluation du
franc. 

Il y a donc une contrainte de crédibilité non seulement vis à vis des
investisseurs, mais aussi vis à vis des spéculateurs, intervenant sur
le marché des capitaux.

D'autre part, la hausse des taux d'intérêts a des effets néfastes sur
l'investissement de la part des nationaux : ceux-ci ont plus de
difficulté à emprunter, et sont plus tentés par l'épargne, bien
rémunérée. 

\section*{Conclusion}

\end{document}



