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\title{\Huge{Présentation de la presse écrite américaine}}
\author{\Large{Thomas Petazzoni}}

\date{SI03 - Responsable de l'UV : M. Le Bohec}

\begin{document}
\maketitle

\chapter*{Introduction}

\emph{Le congrès ne fera aucune loi qui touche l'établissement ou
interdise le libre exercice d'une religion, ni qui restreigne la
liberté de parole ou de la presse, ou le droit qu'a un peuple de
s'assembler paisiblement et d'adresser des pétitions au Gouvernement
pour la réparation des torts dont il a à se plaindre}.

La liberté de la presse, définie par le Premier Amendement de la
Constitution est une valeur tenue en haute estime aux
États-Unis. Cette liberté de la presse est censée assouvir
l'aspiration de la société à un maximum d'informations et d'opinions
et de satisfaire le droit de chaque individu à l'épanouissement
personnel. Cette disposition fait qu'aux États-Unis il n'existe pas de
ministère de la Communication : tous les média appartiennent à un ou
plusieurs groupes d'intérêts privés.

Toutefois, la liberté de la presse n'est pas absolue : l'exercice des
libertés implique nécessairement des restrictions et des
responsabilités. C'est pourquoi les droits de la presse cèdent le pas
devant l'obscénité et la diffamation. Cependant, il est indéniable que
dans la pratique les médias peuvent diffuser ce qu'ils veulent, sans
aucune forme de censure préalable. Par exemple en 1971, un rapport sur
les origines de la guerre du Vietnam, volé au Pentagone fut publié par
le \emph{Washington Post}, malgré le désaccord du président Nixon et grâce à
l'autorisation de la Cour suprême. La publication de ce document
déclencha le plus grand scandale politique de l'histoire des
États-Unis : l'affaire du \emph{Watergate}.

La presse a donc une place importante politiquement, mais aussi
économi\-quement car il n'existe que des groupes privés, ayant tendance
à se concentrer pour maximiser les profits. Ces deux aspects sont
l'objet de la première partie. D'autre part, la liberté de la presse,
et le melting pot américain sont à l'origine d'une presse très
diversifiée, autant du point de vue des journaux que des magazines.


\newpage

\chapter{Une presse importante et concentrée}

\section{A l'image de la puissance américaine}

Les tirages des principaux journaux publiés aux États-Unis montrent
bien que les titres américains, même s'ils ne sont pas les premiers
occupent une place importante avec plusieurs journaux diffusant plus
d'un million d'exemplaires quotidiennement, ce qu'aucun quotidien
français ne fait actuellement (cf Annexe).

La presse a un poids économique extrêmement important : elle
représente 1.5\% du PIB des États-Unis, et est le deuxième secteur
pourvoyeur d'emplois : 500~000 personnes travaillent dans ce secteur,
dont environ 15\% sont journalistes.

Les entreprises de média en général (presse, radio, télévision)
forment la 9ème industrie du pays, générant un chiffre d'affaires de
220 milliards de dollars annuels, avec un profit moyen de 14\% pouvant
aller jusqu'à 20\% voire 30\% pour certains journaux de la presse
écrite. A titre de comparaison l'industrie de l'automobile génère en
moyenne des marges de 10\%.

On pourrait penser que la presse écrite occupe une place minime dans
l'industrie des média, notamment par rapport à la télévision. Pourtant ce
n'est pas le cas, comme le prouvent les revenus publicitaires des
journaux qui ont été dépassés par ceux de la télévision en 1994
seulement, et ceux de la presse écrite (journaux et magazines) qui
restent supérieurs à ceux de la télévision.

250 millions d'habitants représentent une grosse clientèle, d'autant
plus que l'utilisation de la langue anglaise permet d'exporter
facilement leurs journaux à l'étranger. 

L'industrie de la presse écrite est donc florissante : 1500
quotidiens, 7200 hebdomadaires et 20~000 magazines.

Tous les média (radio, télévision, presse) appartiennent à des groupes
d'intérêts privés, qui dans une logique capitaliste, souhaitent maximiser
leurs profits, et sont donc poussés à se regrouper.

\section{Une concentration croissante}

\subsection{Les journaux}

On constate que le pourcentage de journaux indépendants a été divisé
par trois depuis 1960 (70\% en 1960, 30\% en 1983, 25\% en
1992). Les chiffres confirment ce constat : environ un journal par
propriétaire en 1910, environ quatre journaux pour un propriétaire en
2000 (1900 : 2200 quotidiens pour 2150 propriétaires, 2000 : 1480
quotidiens pour 440 propriétaires).

Deux facteurs principaux sont à l'origine de cette augmentation de la
propriété :
\begin{itemize}
\item Tout d'abord la baisse du nombre de journaux concurrents : 61\%
des villes avaient des journaux concurrents en 1900, contre 2\% en 1992.
\item Puis la croissance de la propriété des grands groupes et
l'augmentation du nombre de ces groupes. 1.4\% des journaux
appartenaient à des grands groupes en 1900 contre 80\%
aujourd'hui. D'autre part, il y avait 13 grands groupes en 1910 contre
126 aujourd'hui.
\end{itemize}

Les quatre premiers groupes de la presse écrite américaine sont 
\begin{itemize}
\item \emph{Ganett}, 91 quotidiens, diffusion totale de 5.9 millions
d'exemplaires tous les jours.
\item \emph{Knight-Riger}, 28 quotidiens, diffusion totale de 3.9
millions d'exemplaires tous les jours.
\item  \emph{Newhouse}, 26 quotidiens, 3 millions d'exemplaires tous
les jours.
\item \emph{Times Mirror}, 33 quotidiens, 2.8 millions d'exemplaires
tous les jours.
\end{itemize}

Ces quatre grands groupes représentent un quart de la diffusion
totale. Le gouvernement a toujours hésité à faire jouer les lois
antitrust tant que les entreprises de presse n'acquéraient pas des
concurrents directs. Une loi, le \emph{Newspaper Preservation Act}
autorise même deux journaux à mettre en commun tous leurs services
sauf la rédaction si cela peut sauver l'un des deux. En 1994, 34
journaux en bénéficiaient.

La concentration reste faible comparée à celle d'autres pays : en
Australie le groupe \emph{Murdoch} contrôle plus de 60\% de la
diffusion des quotidiens. Dans ce secteur la concentration a diminué
aux États-Unis : Hearst contrôlait 13.6\% de la diffusion en 1935,
alors que Gannett n'en assure aujourd'hui que 9.8\%.

Néanmoins, la concentration est croissante, et les 126 plus grands
groupes représentaient, en 1994, les trois quarts de la diffusion
totale.

\subsection{Les magazines}

Dans le secteur des magazines le constat est similaire. En moyenne,
chaque propriétaire est responsable de quatre magazines, mais ceci
cache une réalité plus hétérogène : les 10 plus grosses sociétés
représentent un tiers du chiffre d'affaires total, et les 500 plus
grosses les trois quarts. La plus grosse société, \emph{Time Warner}
représente 1/7 du chiffre d'affaires total de cette industrie.

Le marché des magazines est en expansion constante : 50\% de magazines
en plus depuis 1988, soit 800 nouveaux magazines par an : c'est un
secteur très intéressant pour les entreprises.

L'exemple de \emph{AOL Time Warner} permet de mesurer la concentration
dans l'industrie du magazine. Il permet aussi de constater que la
concentration ne touche pas seulement l'industrie de la presse, mais
aussi tous les autres médias. La concentration n'est pas seulement
horizontale, mais aussi verticale.

\emph{AOL Time Warner} est la plus grosse société de médias au monde,
générant 36 milliards de dollars de chiffre d'affaires. 

Elle possède entre autres :
\begin{itemize}
\item {\bf Télévision par le câble~:~} CNN, CNNfn (Financial News), CNN
Headlines News, CNN-SI (Sports Illustrated), HBO (Home Box Office),
TNT (Turner Netowrk Television), The Cartoon Network, Comedy
Central. Au total 13 millions d'abonnés.
\item {\bf Télévision~:~} réseau \emph{Warner Brothers} et le satellite
\emph{PrimeStar}.
\item {\bf Maison de disque~:~} \emph{Warner Music Group}.
\item {\bf Cinéma} : studios \emph{Warner Brothers}, \emph{New Line
Cinema}, \emph{Castle Rock Entertainement}.
\item {\bf Magazines~:~} \emph{Time}, \emph{People}, \emph{Sports
Illustrated}, \emph{Fortune}, \emph{Entertainment Weekly},
\emph{Martha Stewart Living}, \emph{Life}, \emph{DC Comics} et une
douzaine d'autres.  \item {\bf Services en lignes~:~} \emph{AOL},
\emph{Compuserve}, \emph{Netscape}, \emph{AIM}.
\end{itemize}

Bien que les intérêts financiers des entreprises de la presse écrite
poussent à une concentration toujours croissante, la liberté de la
presse et la mixité de la population américaine permettent de
maintenir une grande diversité des titres, aussi bien dans les
journaux que dans les magazines.

\newpage

\chapter{Une presse diversifiée, reflet du melting pot} 

\section{Les journaux}

\subsection{Les quotidiens}

Au milieu des années 90, il se publiait 1750 quotidiens, soit cinq
fois plus qu'en France à population égale. Le monopole local est la
règle: seulement 2\% des villes possèdent des journaux concurrents,
comme nous l'avons vu en première partie.

La diffusion globale s'élève à 59 800~000 d'exemplaires, une moyenne
de 38 000 exemplaires. Encore une fois, la réalité n'est pas aussi
homogène : la moitié des ventes est assurée par 120 quotidiens (8\%)
vendant plus de 100~000 exemplaires, alors que les deux tiers des
journaux vendent moins de 25~000 exemplaires.

Deux catégories se dégagent donc :
\begin{itemize}
\item les grands journaux de métropole
\item les petites journaux de bourgade et de banlieue
\end{itemize}

Un quotidien faisait en moyenne 25 pages en 1940, 40 en 1960 contre 70
aujourd'hui. Cette augmentation est principalement due à la publicité,
ce qui explique que les États-Unis soit le premier consommateur de
papier journal au monde (11.5 millions de tonnes).

Les deux tiers des journaux coûtent entre 25 et 35 cents, soit environ
trois fois moins qu'en France. Ils sont portés à domicile et pénètrent
ainsi dans 6 à 7 foyers sur 10.

\subsection{Les nationaux}

Les titres de cette petite catégorie représentant 7\% de la diffusion
globale se ressemblent peu, mis à part le fait que la plupart de leurs
lecteurs lisent aussi un journal local.

Trois titres principaux :

\begin{itemize}
\item {\bf USA Today}, le seul journal à avoir été conçu pour le
marché national. Il est même devenu international, imprimé en Europe
et en Asie pour une diffusion dans une centaine de pays. Il a été
lancé par le groupe \emph{Gannett} en 1982, avec pour objectif
d'imposer l'image d'un ``quotidien de l'espoir'' qui s'astreint à
demeurer résolument optimiste et réduit l'information qui déprime le
lecteur. Couleurs partout, articles brefs, photos, graphiques, ce
``magazine'' quotidien a été ridiculisé et imité dans tout le
pays. On lui a donné le nom de \emph{Mc Paper}. Il est vendu à 1.5
millions d'exemplaires.
\item {\bf Wall Street Journal}, un fameux quotidien financier, très
conservateur dans ses éditoriaux, mais pas dans ses colonnes. Il s'est
ouvert depuis 1941 à l'actualité générale, ce qui lui a permis de
multiplier sa diffusion par 60. Il avait abordé le marché national dès
1929, et a entrepris de s'internationaliser à partir de 1981.
\item {\bf New York Times}, est plus reconnu par son influence que par
ses ventes. Il emploie 900 journalistes et plus de 30 correspondants à
l'étranger. Il produit lui même une masse de rapports et de
commentaires sur le pays et sur le monde qui le rend indispensable. Il
a lancé une édition nationale, a égayé sa présentation et créé une
section pour chaque jour de la semaine.
\end{itemize}

\subsection{Les métropolitains régionaux}

Environ 300 quotidiens sont publiés dans des villes de plus de 100~000
habitants. La centaine qui vend plus de 100~000 exemplaires (dont
seulement 13 plus de 500~000) assure la moitié des ventes totales. 

Ils se présentent en un ou plusieurs cahiers de grand format dans
lesquels 59\% de la surface est consacrée à la publicité : avis de
rabais, coupons de réduction, pages de petites annonces. Cette
publicité informative locale est très appréciée.

Dans la partie rédactionnelle, on trouve les affaires locales en
vedette, puis les affaires régionales, nationales, et enfin, à la
portion très congrue, les affaires mondiales. On y trouve des
informations sportives, des informations sur le cours de la bourse, et
des chroniques signées présentant des analyses politiques
conservatrices surtout mais aussi progressistes. On y trouve des
commentaires satiriques de fameux dessinateurs, le reste est consacré
au service (bricolage, cuisine, mode, religion) et au divertissement
(courrier des lecteurs, potins, horoscope) et de nombreux
\emph{Comics}.

\subsection{``L'aristocratie''}

Outre les trois nationaux, une douzaine de quotidiens domine la
presse par la richesse et la fiabilité de leur information, par leur
indépendance, par la vigueur de leurs opinions, plus libérales que la
moyenne. 

Le plus proche rival du \emph{New York Times} est le
\emph{Washington Post}. Ce journal brille par la qualité de ses
sources et des éditorialistes, et son agressivité lui assure une
grande autorité. Le \emph{New York Times} et le \emph{Washington Post}
possèdent et alimentent le \emph{International Herald Tribune}, créé en
1887 et publié à 190~000 exemplaires. Il est façonné à Paris et
est distribué dans plus de 164 pays.

Sur la cote Ouest, à l'autre bout du pays, le \emph{Los Angeles
Times}, journal principal du groupe \emph{Times Mirror} a tenté de
détrôner dans les années 70 et 80 le \emph{New York Times}, mais sans
succès. Il est un exemple typique de cette catégorie de quotidiens. Il
est majoritairement distribué dans l'ouest des États-Unis, mais est
aussi disponible dans les grandes métropoles de tout le pays. Il
couvre toutes les affaires nationales et internationales susceptibles
d'être intéressantes pour les lecteurs. Il contient des offres
d'emplois et des petites annonces ainsi que des éditoriaux. Une
partie permet aux gens de donner leur opinion, une partie est réservée
aux voyages et une autre aux divertissements. Il fait environ 30 à 50
pages, coûte 1 dollar et est diffusé à 1 058 000 exemplaires.

D'autres grands journaux :
\begin{itemize}
\item New York Daily News (725~000)
\item Chicago Tribune (691~000)
\item Newsday (669~000)
\item Detroit Free Press (531~000)
\item Boston Globe (500~000)
\item Philadelphia Inquirer (471~000)
\item Miami Herald (398~000)
\item Baltimore Sun (340~000)
\item Atlanta Constitution (299~000)
\item San José Mercury (262~000)
\item Milwaukee Journal (223~000)
\item Des Moines Register (188~000)
\end{itemize}

\subsection{L'édition dominicale}

Tout quotidien en publie une, seul ou avec un ``rival''. Les
dominicaux sont en expansion, à la fois par leur nombre et par leur
diffusion. Il en existe 889 aujourd'hui, contre 549 en 1950, et les 60
plus gros assurent la moitié des ventes de 63 millions
d'exemplaires. Tous les quotidiens vendent plus le dimanche que les
autres jours de la semaine. En effet, chaque semaine, 69\% des adultes
lisent cette édition du dimanche, qui offre plus de 200 pages
réparties en plusieurs cahiers, dont un en couleur pour les
BDs. Divers magazines fait localement ou achetés à l'extérieur et de
nombreuses brochures publicitaires sont insérés à l'intérieur.

Pour le Los Angeles Times, l'édition de la semaine fait 30 à 50
pages, celle du dimanche environ 150 pages. Le record revient au New
York Times, avec 1612 pages et 6 kg le dimanche 13 novembre 1987.

\subsection{Les petits journaux}

Il existe 7400 hebdomadaires vendant en moyenne 7600 exemplaires. Le
nombre de titre a diminué de moitié depuis le début du siècle, mais
leur diffusion a doublé en 25 ans, pour atteindre 57 millions
d'exemplaires. Ces petits journaux jouent un double rôle : souder la
communauté et porter la publicité locale.

On les trouve dans les vieilles bourgades et les banlieues plus
récentes : ce type de presse a proliféré autour des centres
commerciaux. Très lue, elle concurrence durement les
métropolitains. Les quelques quotidiens ne produisent que le bulletin
municipal et achètent le reste, tandis que les hebdomadaires, ayant
peu de reporters, publient beaucoup d'articles fournis par les
organismes locaux, ou même lointains. Ces journaux sont en général
assez ternes.

Quelques types de publication sortent de la norme :
\begin{itemize}
\item \emph{shoppers} : feuilles de plus de 10~000 annonces diffusées à des
millions d'exemplaires.
\item \emph{neighborhood papers} : journaux créés par des volontaires
pour défendre ou améliorer leur quartier et fournir un forum aux
habitants.
\item \emph{la presse scolaire et universitaire} : près de 200
journaux de campus dont une centaine de quotidiens. Le \emph{Daily
Texas} d'Austin diffuse 30~000 exemplaires, et le très réputé
\emph{Harvard Crimson} opère indépendamment des autorités de
l'université.
\end{itemize}

\subsection{Journaux ethniques}

Le melting pot américain a donné lieu à la création de nombreux
journaux ethniques, environ 1000, dont 400 en langue étrangère. Parmi
eux une trentaine de quotidiens, contre 400 en 1910. 

On trouve à New York entre autres :
\begin{itemize}
\item \emph{America Oggi} : italien
\item \emph{Proini} : grec
\item \emph{Nowy Dziennick} : polonais
\item \emph{Novoye Russkoye Slovo} : russe
\item \emph{Pei Mei News} : chinois
\end{itemize}

La presse la plus abondante est la presse hispanique : une soixantaine
de journaux, dont une dizaine de quotidiens : \emph{Diario Las
Americas} à Miami, \emph{La Opinion} à Los Angeles, \emph{El Diario-La
Prensa} à New York. De plus, certains grands journaux publient une
édition en espagnol hebdomadaire (\emph{Chicago Tribune}), ou
quotidienne (\emph{Miami Herald}).

La presse noire vient au second rang, elle compte moins de 200
journaux, dont 2 quotidiens seulement, comme par exemple \emph{Chicago
Defender} (23~000 exemplaires). Cette presse est en langue anglaise.

\section{Les magazines} 


Il existe plus de 7000 périodiques vendant de plus de 3000 exemplaires
au moins 4 fois par an. Deux mille d'entre eux sont vendus au grand
public, et 60 ont des ventes supérieures à un million d'exemplaires.

Leur diffusion est en hausse régulière, elle a augmenté d'un tiers
depuis les années 80. Ce type de presse a profité de l'élévation du
niveau culturel, de la spécialisation des emplois et de la
diversification des goûts et des loisirs.

Le coût de lancement d'un magazine restant bas, les innovateurs sont
nombreux, et environ 800 magazines sont créés chaque année.

\subsection{Les super magazines}

Le mensuel \emph{Reader's Digest} est le seul à tenter de plaire à
l'ensemble du public. Il détient un record mondial avec la diffusion
de 28 millions d'exemplaires (41 éditions en 17 langues), dont 16,3
millions aux États-Unis. La plus forte diffusion des États-Unis
revient à \emph{Modern Maturity}, une revue d'association de retraités
avec 22,9 millions d'exemplaires.

L'hebdomadaire TV Guide, diffusé à 14,9 millions d'exemplaires est
publié en 106 éditions, vendues pour les deux tiers en supermarché. Il
donne les programmes locaux de la télévision et du câble.

National Geographic est un magazine avec des documentaires superbement
illustré, et est publié par une société à but non lucratif. Il est
diffusé à 9,8 millions d'exemplaires.

\subsection{Les News-magazines}

Les trois principaux \emph{News-magazines}, \emph{Time} (4,2 millions
d'exemplaires), \emph{Newsweek} (3,2 millions) et \emph{Us News \&
World Report} (2,3 millions) sont lus par 50 millions de personnes. 

A l'origine, ils se donnaient pour mission de tracer un panorama
compact et lisible de l'actualité grâce à de vastes équipes de
correspondants et de rédacteurs. Leur information internationale
palliait la pauvreté des quotidiens dans ce domaine. Ils sont devenus
moins conservateurs et moins sérieux, et donc moins influents.

\subsection{La presse de qualité}

Il existe diverses revues savantes, comme le \emph{New England Journal
Of Medecine}, ou des magazines ayant pour mission d'animer le débat
politique comme par exemple \emph{National Review}, conservatrice (265
000) ou \emph{The New Republic}, progressiste (100 500). D'autres
animent la vie culturelle, comme \emph{New York Review of Books} (120
000). 

Globalement le nombre de titres et la diffusion suivent
l'accroissement du nombre d'intellectuels.

\subsection{La presse parallèle et les citymagazines}

Les \emph{citymagazines} sont de luxueux mensuels qui ne sont pas
diffusés au niveau national, ils limitent leur attention à une grande
ville, et se consacrent à aider les jeunes riches à profiter des
divertissements locaux : guides de restaurants, spectacles, boutiques,
et ce à la joie des annonceurs. Il y a par exemple \emph{Chicago} (200
000), \emph{Mpls-St Paul} (61~000). Le \emph{Texas Monthly} (310~000)
se consacrent à une région entière.

Les quelques 75 tabloïdes de la presse parallèle sont distribués
gratuitement et ressemblent beaucoup aux \emph{citymagazines}, mis à
part le fait qu'ils sont imprimer sur papier journal. Ils représentent
une diffusion totale de 4 millions d'exemplaires, et traitent de
politique, des affaires, de la culture et des divertissements de la
localité. Ils couvrent ainsi ce qu'omettent les quotidiens. Il existe
par exemple le \emph{Village Voice} de New York (142~000) mais aussi
le \emph{Chicago Reader}, le \emph{Boston Phoenix} ou le \emph{Bay
Guardian} (San Francisco)

\subsection{Les magazines pour femmes}

Six magazines pour femmes figurent parmi les 10 magazines les plus
vendus. La plupart sont influencés par le féminisme, mais certains
continuent d'exploiter l'image traditionnelle de la femme. C'est le
cas de \emph{Better Homes and Gardens} (8 millions), \emph{Mc Call's}
(4,6 millions) et \emph{Good Housekeeping} (5,1 millions). Ceux-ci se
vendent principalement par abonnement, d'autres exclusivement en
supermarché et à bas prix : \emph{Family Circle} (5 millions) et
\emph{Woman's Day} (4,5 millions). Pour les jeunes femmes, on trouve
les magazines \emph{Redbook} (3,4 millions) et \emph{Glamour} (2
millions), tandis que \emph{Self} (1,3 million) et \emph{Working
Woman} (888~000) s'adressent aux nouvelles femmes.

Certains photographient la haute couture, tels que \emph{Vogue} (1,3
million) et \emph{Harper's Bazaar} (773~000), et d'autres livrent des
confessions à un public populaire (\emph{True Story}, 1,3 million).

\subsection{Les magazines pour hommes}

En 1953, Hugh Hefner créé \emph{Playboy} et séduit un public de jeunes
cadres en associant la sexualité avec la culture et le
progressisme. Ce magazine est diffusé à 3,4 millions d'exemplaires et
a suscité une douzaine d'imitateurs, comme \emph{Penthouse} (1,2
millions).

Toutefois, alors que l'industrie du sexe encaisse des milliards de
dollars, les diffusions ont toutes décliné car la droite religieuse
et les féministes exercent des pressions sur les détaillants.

\subsection{Hebdomadaires à sensation et magazines spécialisés}

Les hebdomadaires à sensation américains ressemblent aux tabloïdes
britanniques. Ils sont surtout achetés par des femmes, à 85\% en
supermarché et atteignent de fortes diffusions : \emph{The National
Enquirer} (3,5 millions), \emph{The Star} (2,9 millions).  Cette
presse, peu soucieuse de la véracité des informations (Le \emph{Weekly
World News} ne se cache pas d'inventer son information) s'occupe plus de
divertir que d'informer.

Les magazines spécialisés sont à l'origine de grandes associations
comme \emph{Customer Report} (4,6 millions), d'Eglises, comme
\emph{Catholic Digest} (558~000) ou bien ils correspondent à des
goûts divers : \emph{People} pour les potins respectables (3,5
millions), \emph{Sports Illustrated} (3,4 millions) pour le sport,
\emph{Ebony} pour les Noirs, etc ..

\newpage
\chapter*{Conclusion} 

La presse écrite américaine est une industrie importante, notamment du
point de vue économique, ce qui encourage les entreprises à se
concentrer pour réaliser des économies d'échelles.

Toutefois, malgré cette caractéristique qui n'est pas propre à ce
pays, grâce à la liberté de la presse et à la diversité de la
population américaine, le nombre de titres (aussi bien journaux que
magazines) reste grand. Les inégalités sociales sont importantes aux
États-Unis, et la presse en est un reflet. Ainsi, la presse noire est
particulièrement pauvre comparée par exemple à la presse hispanique ou
la presse des {\em White Anglo Saxons Protestants}.

\newpage
\bibliography{biblio} \bibliographystyle{unsrt}

\appendix

\chapter{Tirage des plus grands quotidiens}

\footnote{Certains titres entre {\em The Times} et {\em Le Parisien} ont été omis pour laisser
apparaître les journaux français dans ce classement.}
\begin{tabular}{|c|c|c|}
\hline
Yomiuri Shimbun & Japon & 10~100~000 \\
\hline
Asahi Shimbun & Japon & 8~300~000 \\
\hline
El Moudjahid & Algérie & 4~800~000 \\
\hline
The Sun & Royaume-Uni & 3~900~000 \\
\hline
Renmin Ribao &  Chine & 3~000~000 \\
\hline
{\bf The Wall Street Journal} & {\bf Etats-Unis} & {\bf 1~840~000} \\
\hline
Komsomolskaia Pravda & Russie & 1~700~000 \\
\hline
{\bf USA Today} & {\bf Etats-Unis} & {\bf 1~570~000} \\
\hline
{\bf The New York Times} & {\bf Etats-Unis} & {\bf 1~330~000} \\
\hline
Al Ahram & Egypte & 1~300~000 \\
\hline
{\bf Los Angeles Times} & {\bf Etats-Unis} & 1~000~000 \\
\hline
La Republica & Italie & 900~000 \\
\hline
{\em Ouest-France} & {\em France} & {\em 870~000} \\
\hline
{\bf Washington Post} & {\bf Etats-Unis} & {\bf 840~000} \\
\hline
De Telegraaf & Pays-Bas & 800~000 \\
\hline
Hurriyet & Turquie & 800~000 \\
\hline
The Times & Royaume-Uni & 750~000 \\
\hline
{\em Le Parisien} & {\em France} & {\em 600~000} \\
\hline
{\em Le Monde} & {\em France} & {\em 500~000} \\
\hline
\end{tabular}

\tableofcontents

\end{document}
